Guide · 8 min de lecture
Cahier des charges et contrat de développement logiciel en Suisse : le modèle pour une PME
Katia Ryze, personnage généré par IA. Article préparé avec l’IA, relu par l’équipe Ryze SystemsCe guide donne le cadre général et renvoie aux textes de loi. Il ne remplace pas un conseil juridique : faites relire votre contrat par un juriste avant de signer.
Le modèle de cahier des charges en huit rubriques
Écrivez-le avec vos mots, pas avec ceux d’un informaticien. Le but est que trois prestataires différents comprennent la même chose.
- Le problème. Ce qui coûte du temps ou de l’argent aujourd’hui, avec un exemple réel de la semaine passée.
- Les utilisateurs. Qui s’en servira, combien de personnes, au bureau ou sur le terrain, sur quel appareil.
- Les actions attendues. Une phrase par action : « le technicien clôt une intervention depuis son téléphone », « le devis accepté devient une facture sans ressaisie ».
- Les données. Ce qui existe déjà (fichiers, outil actuel), ce qu’il faut reprendre, ce qui est personnel ou sensible.
- Les outils à connecter. Comptabilité, messagerie, agenda, téléphonie. Nommez-les avec leur version.
- Les règles. Qui voit quoi, qui valide quoi, les cas particuliers que vous connaissez déjà.
- Ce qui est hors périmètre. La rubrique la plus utile pour éviter les malentendus sur le prix.
- Les critères de réussite. Comment vous saurez, à la livraison, que c’est conforme : trois à cinq tests simples que vous ferez vous-même.
Ajoutez votre calendrier souhaité et votre budget si vous en avez un. Cacher le budget ne fait pas baisser les prix, cela fait seulement arriver des devis impossibles à comparer. Pour lire ces devis, voyez le prix d’un logiciel sur mesure en Suisse.
À qui appartient le code source ?
La loi sur le droit d’auteur (LDA) dit trois choses simples. Les programmes d’ordinateur sont des œuvres protégées (art. 2 al. 3). L’auteur est la personne physique qui a créé l’œuvre (art. 6). Les droits d’auteur peuvent être cédés, mais le transfert d’un droit n’entraîne pas celui des autres, et recevoir un exemplaire de l’œuvre ne donne pas les droits d’auteur (art. 16).
Conséquence pratique : recevoir les fichiers ne suffit pas. Sans clause, vous pouvez avoir un logiciel qui fonctionne et aucun droit de le faire modifier par quelqu’un d’autre. L’art. 17 LDA prévoit bien que l’employeur exerce les droits sur le logiciel créé par son employé, mais cette règle concerne la relation de travail, pas celle entre un client et un prestataire externe.
Ce que la clause doit dire
- Quels droits vous recevez : cession complète, ou licence, et dans ce cas avec quelles limites.
- Sur quoi : le code écrit pour vous, et séparément les briques réutilisées par le prestataire ou les logiciels libres, avec leur licence.
- Quand : à chaque paiement d’étape plutôt qu’à la fin seulement.
- Sous quelle forme : code source complet dans un dépôt auquel vous avez accès, avec la documentation pour l’installer.
Un détail utile : la personne qui a le droit d’utiliser un logiciel peut en faire une copie de sauvegarde, et le contrat ne peut pas l’interdire (art. 24 al. 2 LDA).
Les points du contrat à vérifier
| Point | Ce que le contrat doit dire | Texte à connaître |
|---|---|---|
| Nature et prix | Résultat promis à prix fixe, ou temps passé avec plafond | CO art. 363, 373, 374, 394 |
| Dépassement | Comment une demande de changement est chiffrée et validée par écrit | CO art. 375 |
| Recette | Délai et méthode pour tester, forme de l’avis des défauts | CO art. 367 et 368 |
| Garantie | Durée et étendue de la correction des défauts | CO art. 371 |
| Fin du contrat | Ce qui est dû et ce qui vous est remis si vous arrêtez en cours de route | CO art. 377 et 404 |
| Code source | Cession ou licence, dépôt accessible, briques tierces listées | LDA art. 2, 6, 16 |
| Arrêt du prestataire | Remise régulière du code, de la documentation, des accès et d’une copie des données | À prévoir par contrat |
| Hébergement | Pays, hébergeur, titulaire du compte, sauvegardes, restitution des données | LPD art. 8 et 16 |
| Protection des données | Rôle de sous-traitant, sécurité, accord avant toute sous-traitance en chaîne | LPD art. 7 et 9 |
Sur le prix : avec un forfait, le prestataire exécute l’ouvrage pour la somme fixée (art. 373 du Code des obligations). Tant que l’ouvrage n’est pas terminé, le client peut se départir du contrat en payant le travail fait et en indemnisant complètement l’entrepreneur (art. 377). Un mandat, lui, peut être révoqué en tout temps, avec une indemnité si la révocation intervient en temps inopportun (art. 404). La qualification de votre contrat dépend de ce qu’il promet : c’est une raison de plus pour le faire relire.
Que se passe-t-il si le prestataire s’arrête ?
C’est la question qu’on pose trop tard. La loi ne vous donne pas le code le jour où votre prestataire ferme. Ce qui vous protège, c’est ce que vous détenez déjà. Demandez quatre choses, dès le début et à chaque étape :
- un accès en lecture au dépôt de code, à votre nom ;
- la documentation d’installation, testée par quelqu’un d’autre que son auteur ;
- des comptes d’hébergement et de nom de domaine ouverts à votre nom, ou transférables sans l’accord du prestataire ;
- un export régulier de vos données dans un format lisible.
Avec ces quatre éléments, changer de prestataire est un choix. Sans eux, c’est une reconstruction. Nous développons ce point dans infrastructure propriétaire vs agence IA.
Hébergement et nLPD : ce que le contrat doit prévoir
Si le logiciel contient des données de clients ou d’employés, la loi sur la protection des données s’applique. Trois articles concernent directement votre contrat.
- Art. 9, sous-traitance. Vous pouvez confier un traitement à un prestataire si un contrat le prévoit. Vous devez vous assurer qu’il peut garantir la sécurité des données, et il ne peut pas sous-traiter à son tour sans votre autorisation préalable.
- Art. 7 et 8, conception et sécurité. La protection des données doit être prévue dès la conception, avec des mesures techniques et organisationnelles adaptées au risque.
- Art. 16, étranger. Des données personnelles ne peuvent être communiquées à l’étranger que si l’État concerné offre une protection adéquate, ou si des garanties comme des clauses types sont en place.
La liste des États reconnus figure dans l’annexe 1 de l’ordonnance sur la protection des données, comme l’explique le Préposé fédéral (PFPDT). Faites donc écrire le pays d’hébergement et la liste des sous-traitants dans le contrat. Pour le reste des obligations, voyez nLPD et CRM : ce que les PME suisses doivent savoir.
Questions fréquentes
À qui appartient le code source d’un logiciel sur mesure en Suisse ?
La loi sur le droit d’auteur protège les logiciels comme des œuvres, et l’auteur est la personne physique qui a créé l’œuvre. Payer le développement ne suffit donc pas à devenir titulaire des droits : il faut une clause de cession ou de licence dans le contrat. Faites écrire quels droits vous recevez, sur quelles parties du code, et à quel moment.
Que se passe-t-il si le prestataire arrête son activité ?
Tout dépend de ce que vous détenez ce jour-là. Si vous avez le code source à jour, la documentation, les accès à l’hébergement et une copie des données, un autre prestataire peut reprendre. Sinon, vous repartez de zéro. Le contrat doit prévoir la remise régulière de ces éléments, pas seulement à la fin.
Faut-il un cahier des charges pour un petit projet ?
Oui, mais court. Deux à quatre pages suffisent si elles décrivent le problème, les utilisateurs, les actions attendues et ce qui est hors périmètre. Un cahier des charges sert à comparer des devis sur la même base et à savoir, à la livraison, si le travail est conforme.
Le prestataire qui développe mon logiciel est-il un sous-traitant au sens de la nLPD ?
S’il accède à des données personnelles pour votre compte, par exemple en hébergeant ou en maintenant le système, la loi sur la protection des données s’applique à cette relation. Elle exige un contrat, la garantie de la sécurité des données, et votre accord préalable avant qu’il confie le traitement à un tiers. Vous restez responsable vis-à-vis de vos clients.
Combien de temps ai-je pour signaler un défaut après la livraison ?
Pour un contrat d’entreprise, le Code des obligations demande de vérifier l’ouvrage dès que possible après la livraison et de signaler les défauts. Pour un ouvrage mobilier comme un logiciel, les droits liés aux défauts se prescrivent en principe par deux ans dès la réception (art. 371 al. 1). Le contrat peut organiser la recette et la garantie autrement : relisez-le et faites vérifier votre cas par un juriste.
En 60 secondes : vos points de friction, les modules recommandés et une fourchette indicative.
Dernière mise à jour :
Sources
- Code des obligations (RS 220), art. 363, 367, 368, 371, 373 à 375, 377, 394 et 404 (fedlex.admin.ch)
- Loi fédérale sur le droit d’auteur et les droits voisins, LDA (RS 231.1), art. 2 al. 3, art. 6, 16, 17 et 24 al. 2 (fedlex.admin.ch)
- Loi fédérale sur la protection des données, LPD (RS 235.1), art. 7, 8, 9 et 16 (fedlex.admin.ch)
- Ordonnance sur la protection des données, OPDo (RS 235.11), annexe 1 : États offrant un niveau de protection adéquat (fedlex.admin.ch)
- Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT), communication de données à l’étranger (edoeb.admin.ch)